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Comment automatiser et gérer ses stocks avec Odoo ?

Comment garder la main tout en sécurisant vos stocks dans Odoo
9 janvier 2026 par
Comment automatiser et gérer ses stocks avec Odoo ?
Augustin Lizé
Souvent, on coupe les réapprovisionnements automatiques par peur de perdre le contrôle sur ses achats et les moyens financier qu'il y a derrière. 
Résultat : ruptures, surstocks et urgences permanentes subies par les équipes supply, et les commerciaux directement + perte de confiance des clients éventuelle.
Voyons comment paramétrer Odoo pour automatiser sans se déposséder des décisions d’achat.


Fiabiliser vos réapprovisionnements Odoo sans laisser l’outil décider à votre place

Sur le papier, les réapprovisionnements automatiques d’Odoo promettent la fin des ruptures et du surstock. 
Dans les faits, beaucoup de dirigeants les désactivent rapidement, par peur de voir l’outil passer des commandes « tout seul » sans contexte terrain.

Ce décalage entre promesse et usage réel conduit souvent à une situation bancale : Odoo est utilisé pour « suivre » le stock, mais les décisions d’achat restent dans des fichiers personnels ou dans la tête d’une seule personne. Vous perdez alors ce que l’ERP peut vous apporter de plus précieux : une vision fiable pour décider vite.

Une situation que tout le monde a connu

Imaginez une TPE qui vend des abonnements à des bornes connectées. Une partie de l’activité est de l’achat-revente classique, l’autre une petite fabrication avec quelques composants électroniques assemblés en interne.

Sur le terrain, les problèmes sont toujours les mêmes : le commercial font des promesses, mais au moment de livrer les produits ne sont plus en stocks, le service achats déclenche en urgence, avec des frais de transport qui explosent. Et à l’inverse !certains composants dorment au stock pendant des mois « au cas où ».
Au final personne n'est content, client compris...

Odoo sait très bien gérer ce type de configuration hybride : produits finis, nomenclatures (BOM), composants, achats. 
Le sujet n’est pas l’outil, mais la façon de poser les garde-fous pour ne pas subir l’automatisation.

Commencer simple

La première erreur consiste à activer toutes les automatisations d’Odoo dès le départ. 
En apparence, cela fait gagner du temps. Mais dans les faits, vous créez de la méfiance interne : plus personne ne sait d’où viennent les propositions d’achat.

Pour un dirigeant, l’enjeu central est la fiabilité des données. Il vaut mieux une automatisation partielle, mais comprise et contrôlée, plutôt qu’un système théoriquement intelligent mais toujours contesté en interne. 
On l'entend souvent ! Odoo c'est vraiment nul. 
Mais en fait, c'est surtout qu'il est mal paramétré, que les équipes ont trop de fonctions a adopter, et que personne ne comprend correctement comment ça fonctionne. 
C’est pour ça qu’Odoo est intéressant : vous pouvez doser le niveau d’automatisation produit par produit.

Concrètement, le premier objectif n’est pas que l’outil commande à votre place, mais qu’il génère des signaux clairs : « ce produit va manquer », « ce composant est long à obtenir », « la prochaine fabrication va consommer tout votre stock ».

Points de commande : le premier garde-fou

Sur un produit acheté, le mécanisme clé dans Odoo est le point de commande. 
Il se configure directement sur la fiche produit ou via les règles de réapprovisionnement. Vous définissez un stock minimum en dessous duquel vous ne voulez pas descendre, et un stock maximum qui sert de repère pour éviter le surstock.

Dans une première phase, vous pouvez paramétrer ces points de commande sans lancer automatiquement les commandes fournisseurs. L’idée est simple : Odoo calcule les besoins, génère des propositions, mais un humain valide. Vous gardez la main sans devoir tout recalculer à la main.

Pour l’achat-revente, cette logique suffit souvent : par exemple, minimum 20 unités, maximum 50, avec un délai fournisseur moyen fiable. Chaque fois que le stock projeté (stock actuel moins réservations plus réceptions à venir) passe sous le minimum, Odoo suggère un réapprovisionnement pour remonter vers le maximum.

Délais fournisseurs : le paramètre le plus sous-estimé

Dans beaucoup de déploiements, les délais fournisseurs sont renseignés au hasard ou copiés-collés d’un produit à l’autre. Ce détail en apparence mineur ruine immédiatement la fiabilité des propositions d’achat.

Dans Odoo, le délai de livraison se paramètre au niveau du fournisseur sur le produit. Il sert à projeter la date à laquelle votre stock sera reconstitué. Si le délai est faux, l’outil vous avertira trop tard, ou vous fera commander bien trop tôt.

Une bonne pratique terrain consiste à partir d’un délai prudent basé sur les quelques dernières commandes, puis à l’ajuster tous les deux ou trois mois. Ce simple réglage améliore fortement la confiance des équipes dans les quantités et les dates proposées.

Quand la fabrication s’en mêle : BOM, composants et effet domino

Dès qu’il y a une petite fabrication, les mouvements deviennent moins intuitifs. Un ordre de fabrication va consommer les composants et produire un produit fini. Si les nomenclatures sont mal renseignées, le stock théorique devient illisible.

Le point clé est de considérer chaque composant comme un produit à part entière, avec sa propre règle de réapprovisionnement. Odoo va alors lier automatiquement les besoins : un ordre de fabrication confirmé va générer des besoins en composants, qui eux-mêmes déclenchent des propositions d’achat.

Là encore, il n’est pas nécessaire de tout automatiser d’un coup. Vous pouvez très bien conserver un passage par un responsable qui valide les achats générés par la production, surtout pour les composants critiques ou chers. Ce contrôle intermédiaire joue le rôle de garde-fou sans casser la logique globale.

Conserver le contrôle : validations, seuils et alertes

Pour éviter de « laisser l’outil décider seul », votre marge de manœuvre se joue dans la façon d’organiser les validations. Odoo Community permet de garder systématiquement une étape humaine : devis d’achat à valider, bon de commande à approuver, ordre de fabrication à confirmer.

En pratique, vous pouvez par exemple poser une règle simple : les propositions d’achat générées automatiquement sont revues une fois par semaine par un responsable, qui ajuste au besoin les quantités ou les fournisseurs. L’ERP fait le calcul, l’humain tranche.

Sur des produits très sensibles, certains dirigeants ajoutent un garde-fou de plus avec un léger workflow spécifique ou des règles internes : au-delà d’un certain montant ou d’une quantité, une seconde validation est demandée. Vous fiabilisez vos engagements sans asphyxier les équipes avec des contrôles inutiles.

Alertes et intégrations : ne pas sur-outiller trop vite

Pour de nombreuses PME, les alertes natives d’Odoo suffisent largement : vues filtrées sur les produits sous le minimum, listes des propositions d’achat en attente, indicateurs simples sur les attentes de production.

Les intégrations plus avancées arrivent dans un second temps. Quand l’organisation est rôdée et que les processus sont stables, vous pouvez par exemple utiliser les APIs d’Odoo ou un outil comme n8n pour envoyer des résumés périodiques : un email hebdomadaire listant les produits critiques, ou un tableau de bord consolidé pour le dirigeant.

L’important est de ne pas compenser un paramétrage flou par une surenchère d’alertes. Une alerte n’a de valeur que si la donnée de base est fiable et que la règle de décision est claire pour celui qui la reçoit.

Au final : poser un cadre de décision plutôt qu’un pilote automatique

Automatiser vos réapprovisionnements dans Odoo ne signifie pas abandonner la décision d’achat. Le dirigeant garde la main en définissant le cadre : niveaux de stock, délais, validations, priorités entre produits et familles.

Une fois ce cadre posé, Odoo Community devient moins un « robot » qu’un support de réflexion opérationnelle. Il met en évidence les tensions : composants qui mettent trop de temps à arriver, produits trop rarement commandés, ruptures causées par des promesses commerciales irréalistes.

C’est là que l’outil prend sa vraie valeur : non pas en décidant à votre place, mais en rendant visibles les arbitrages que vous faites déjà, souvent dans l’urgence et sans données consolidées.

Comment automatiser et gérer ses stocks avec Odoo ?
Augustin Lizé 9 janvier 2026
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